Vous avez payé un site il y a un an, deux ans, peut-être trois. Il est en ligne, il est plutôt joli, et le téléphone ne sonne pas davantage qu’avant. C’est la phrase qui revient le plus souvent quand on me contacte au sujet d’un site qui tourne déjà. Un site n’est pas une plaquette qu’on imprime une fois : c’est un commercial qui travaille la nuit, le dimanche, et pendant que vous êtes sur un chantier. S’il ne rapporte rien, ce n’est pas une fatalité, et ce n’est presque jamais un mystère : ce sont presque toujours les sept mêmes défauts que je retrouve en ouvrant le site, souvent plusieurs à la fois.
Avant tout : votre site est-il invisible, ou juste peu convaincant ?
C’est la distinction qui commande tout le reste, et presque personne ne la fait. Être vu et être choisi sont deux problèmes différents. Si personne ne vous trouve, vous avez un problème de visibilité, et cela se travaille du côté du référencement local. Si des gens vous trouvent, ouvrent votre page d’accueil et repartent sans appeler, vous avez un problème de conversion, et cela se travaille du côté du contenu, des preuves et de l’ergonomie. Les deux se soignent, mais pas avec les mêmes gestes, ni dans le même délai.
Le test tient en deux minutes et vous n’avez besoin d’aucun outil. Ouvrez une fenêtre de navigation privée sur votre téléphone, pour ne pas être influencé par votre propre historique. Tapez votre métier suivi de votre commune, comme le ferait un client : « plombier Nantes », « couvreur Saint-Nazaire », « coiffeur Vannes ». Regardez d’abord le bloc carte, en haut, celui qui affiche trois fiches locales. Puis faites défiler et regardez les résultats classiques, sur les deux premières pages.
Ce premier test ne dit rien de la seconde moitié du problème. Pour celle-là, montrez votre page d’accueil à quelqu’un qui ne connaît pas votre métier — un voisin, votre belle-sœur — pendant cinq secondes, puis cachez l’écran. Demandez-lui ce que vous faites, où vous le faites, et ce qu’il devrait faire pour vous joindre. S’il hésite sur l’un des trois, vos visiteurs hésitent aussi, sauf qu’eux ne vous le diront jamais : ils referment simplement l’onglet. Ces deux tests, mis bout à bout, valent la plupart des audits payants.
Trois cas de figure :
- Vous n’apparaissez nulle part. Le problème est en amont, c’est de la visibilité pure : la marche à suivre est détaillée dans mon guide sur la façon d’apparaître en première page de Google quand on est une TPE/PME.
- Vous apparaissez, mais le téléphone reste muet. Le problème est sur la page elle-même : ce sont les défauts 3 à 7 de la liste plus bas qui vous concernent en priorité.
- Vous apparaissez à peine, et la page ne convainc pas. C’est le cas le plus fréquent, et il faut traiter les deux.
Dans ce dernier cas, je commence toujours par la conversion, pour une raison de bon sens : il serait dommage de payer, en temps ou en argent, pour amener du monde sur une page qui fait fuir. Réparer les fuites d’abord, ouvrir le robinet ensuite.
Combien ça coûte de corriger tout ça ?
Je réponds à cette question maintenant, avant le diagnostic détaillé, parce que c’est elle qui empêche la plupart des gens de lire la suite. Quand on a déjà payé un site qui ne rapporte rien, l’idée de remettre de l’argent dans le sujet est franchement désagréable. Autant poser les chiffres tout de suite. En agence traditionnelle, comptez une création entre 2 000 et 5 000 €, plus un abonnement qui peut monter jusqu’à 200 € par mois. C’est l’ordre de grandeur affiché sur mon accueil, donné pour situer, pas comme une statistique de marché. Chez moi, il n’y a pas de frais de création et pas d’apport : tout passe par un abonnement mensuel, et le site est livré en 14 jours.
Mes trois formules, prix nets
Ce sont des prix nets, sans TVA à ajouter, et ils comprennent l’hébergement, le nom de domaine, les mises à jour, la sécurité et un nombre défini de modifications de contenu chaque mois — changer un texte, une photo, un horaire, ajouter une prestation.
- Essentiel — 69 €/mois : le site vitrine complet, avec 1 modification incluse par mois.
- Pro — 119 €/mois : l’offre la plus choisie, avec 3 modifications incluses par mois.
- Sur mesure — à partir de 249 €/mois : pour les besoins particuliers, avec 5 modifications incluses par mois.
L’engagement initial est de 12 mois, le temps que le site fasse ses preuves et amortisse sa création. À l’issue de ces 12 mois, la propriété du site vous est cédée : il est à vous. Vous résiliez ensuite quand vous voulez, par lettre recommandée avec accusé de réception et avec un mois de préavis, et je vous remets le code source complet. À noter : après résiliation, le site n’est plus hébergé par mes soins — il faudra le redéployer chez l’hébergeur de votre choix. Le détail de chaque formule est sur la page des offres. Et si vous voulez comparer avec les tarifs pratiqués ailleurs avant de décider, j’ai écrit un article entier sur ce que coûte réellement un site internet pour une TPE/PME, coûts cachés compris.
Les 7 défauts qui font qu’un site internet ne rapporte rien
Je les prends dans l’ordre où je les corrige, et cet ordre n’est pas arbitraire : il commence par ce qui pèse le plus lourd sur vos résultats. Les trois premiers points rapportent presque toujours davantage que les quatre suivants, et vous pouvez en traiter deux ou trois vous-même.
1. Le site ne dit jamais où vous travaillez
Le symptôme se repère en une minute : parcourez votre site et cherchez le nom d’une commune. Souvent, il n’y en a aucune. On lit « nous intervenons dans toute la région », ce qui ne veut rien dire ni pour un moteur de recherche, ni pour l’habitant qui se demande si vous vous déplacez chez lui. Google n’a alors rien pour vous rattacher à un territoire, et vous classe derrière un concurrent qui, lui, a écrit le nom de sa ville.
La correction demande de la mesure. Nommez vos communes dans des phrases normales, là où elles ont du sens : la présentation, les descriptions de prestations, les exemples de chantiers. Si vous couvrez plusieurs secteurs distincts, créez une page par zone principale — c’est la logique de mes pages locales, comme celle sur la création de site internet à Nantes. Ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est empiler quarante noms de villes en bas de page : cela ne trompe plus personne et donne l’impression d’un site bricolé.
2. Une seule page fourre-tout pour tous vos services
Beaucoup de sites de TPE/PME tiennent sur une seule longue page qui déroule tout : dépannage, rénovation, entretien, tarifs, avis, contact. C’est confortable à fabriquer, et c’est un plafond de verre : une page qui parle de tout ne se classe sur rien, et le visiteur venu pour une chose précise doit fouiller pour la trouver.
La règle que j’applique : une page, une intention. Deux services distincts, ce sont deux pages distinctes. Deux zones d’intervention distinctes aussi. Un plombier qui fait du dépannage d’urgence et de la rénovation de salle de bains s’adresse à deux personnes différentes, qui ne sont pas dans le même état d’esprit : l’une panique, l’autre compare tranquillement des devis. Les mettre sur la même page, c’est décevoir les deux. C’est ainsi que je construis mes pages métier, par exemple celle dédiée à la création de site pour plombier.
3. Le numéro de téléphone n’est pas cliquable sur mobile
C’est le défaut le plus rageant, parce qu’il se corrige en cinq minutes. Sur beaucoup de sites, le numéro est relégué en bas de page, écrit en texte simple, parfois carrément intégré dans une image. Sur un téléphone, appuyer dessus ne déclenche rien : le visiteur doit mémoriser dix chiffres, quitter le site et les retaper. La plupart abandonnent, ou appellent le concurrent d’à côté.
La correction : un vrai lien téléphonique, celui qui ouvre le clavier d’appel d’une seule pression, et un numéro visible en haut de page sans avoir à faire défiler. Si votre activité vit du téléphone, c’est le geste le plus rentable de tout votre site. Gardez à côté une seconde porte pour ceux qui préfèrent écrire : je détaille cette mécanique dans mon article sur les demandes de rendez-vous qualifiées d’un garage automobile.
4. La page d’accueil parle de vous, pas du problème du visiteur
Le premier bloc que voit un visiteur commence trop souvent par « Depuis 1998, notre société s’attache à vous offrir un service de qualité ». C’est aimable, et parfaitement inutile à cet instant. Celui qui arrive sur votre site se pose une seule question, en trois secondes : est-ce que je suis au bon endroit ? Votre histoire l’intéressera plus tard, une fois qu’il aura décidé de vous faire confiance.
Mettez donc son problème avant votre CV. « Fuite d’eau à Nantes ? J’interviens sous 2 heures » dit en une ligne ce que vous faites, où et à quelle vitesse. Le métier, la zone, le bénéfice concret : si ces trois éléments ne sont pas lisibles sans faire défiler, refaites cette phrase avant de toucher au reste. Le raisonnement complet, appliqué à un métier d’urgence : comment un plombier se fait trouver sur Google.
5. Aucune preuve : ni photos réelles, ni avis, ni chantiers
Trois photos de banque d’images, un artisan souriant qui n’est pas vous, une cuisine qui n’est pas un de vos chantiers. Le visiteur ne le formule pas, mais il le sent, et il repart. Dix photos de vos vraies réalisations, même prises au téléphone, valent tous les visuels achetés du monde : elles prouvent que vous existez et montrent votre finition. La méthode : valoriser ses chantiers en photos quand on est couvreur.
Ajoutez vos avis Google sur le site, avec le prénom et la commune quand c’est possible. Un point d’honnêteté, parce qu’on me pose souvent la question : afficher des avis sur votre propre site ne vous donnera pas d’étoiles dans les résultats Google. Ils ne sont pas éligibles, et le code technique qui sert à afficher ces étoiles peut même valoir un avertissement de Google à votre site. Les étoiles viennent de la fiche Google Business Profile : c’est donc là qu’il faut collecter les avis. Comment créer cette fiche et la faire vivre.
6. Le prix reste un tabou complet
Pas une fourchette, pas un « à partir de », rien. L’intention est compréhensible : chaque chantier est différent, et vous craignez d’être comparé sur un chiffre sorti de son contexte. Mais le visiteur, lui, a déjà été échaudé. L’absence totale d’indication de budget réveille la peur du devis piégé, et beaucoup préfèrent ne pas demander plutôt que de risquer un rendez-vous commercial dont ils ne sauront pas se dépêtrer.
Donnez un repère, même large : le tarif d’un déplacement, le prix d’une prestation courante, une fourchette pour un chantier type. Vous y gagnez deux fois. Les demandes qui arrivent sont mieux qualifiées, les gens hors budget s’étant écartés d’eux-mêmes, et vous ne passez plus vos soirées à chiffrer des projets qui ne se feront jamais. C’est pour cette raison que j’affiche mes propres tarifs, y compris ici.
7. Le site est lent, pénible à manier au pouce, et le formulaire décourage
Ouvrez votre site sur votre propre téléphone, en 4G et pas en Wi-Fi. Si vous avez le temps de vous demander s’il charge, c’est déjà trop long : personne n’attend devant un écran blanc. Regardez ensuite si vous pouvez tout faire d’une seule main : les boutons sont-ils atteignables au pouce ? Le texte est-il lisible sans zoomer ? Google classe d’abord la version mobile : ce que vous voyez sur votre téléphone est ce qui compte le plus.
Le formulaire mérite un examen à part. Douze champs — civilité, adresse complète, budget prévisionnel, comment nous avez-vous connus — ne se remplissent pas depuis un chantier. Trois suffisent presque toujours : le nom, le téléphone, et une ligne pour dire le besoin. Vous poserez le reste au téléphone, où c’est bien plus facile. J’ai décliné cette logique dans les 7 erreurs de site internet des restaurants.
Corriger, ou refaire ?
C’est la question qu’on me pose juste après le diagnostic, et je préfère y répondre franchement, quitte à me priver d’un chantier. Trois critères suffisent à trancher.
Le premier, c’est la propriété. Le nom de domaine est-il enregistré à votre nom ou à celui de votre prestataire ? Avez-vous les accès à l’hébergement ? Si vous ne possédez ni l’un ni l’autre, chaque euro investi dans ce site enrichit quelqu’un d’autre ; j’y ai consacré un article entier : nom de domaine, hébergement et site web, qui fait quoi. Le deuxième, c’est la capacité à évoluer : pouvez-vous ajouter une page sans repasser par un prestataire ? Si chaque nouvelle page de service se refacture au coup par coup, votre site ne grandira jamais.
Le troisième, c’est l’état technique. Un site rapide dont la structure tient debout se corrige très bien : on réécrit les textes, on ajoute des pages, on branche un vrai lien téléphonique, et il repart. À l’inverse, si votre site tient sur une page unique lourde, impossible à modifier sans casser autre chose, et que vous n’en possédez ni le domaine ni le code, refaire coûte presque toujours moins cher que rustiner pendant deux ans. Vérifiez aussi ce que vous avez signé — certains contrats de location vous enferment pour 48 mois, avec des échéances qui peuvent continuer même si le site n’est plus maintenu : la location de site internet et l’engagement sur 48 mois.
Par où commencer cette semaine
Cinq actions, dans l’ordre, toutes faisables seul et sans budget. Si vous n’en faites que trois, faites les trois premières.
- Faites le test des deux minutes. Navigation privée, votre métier plus votre commune, et notez où vous apparaissez : bloc carte, résultats classiques, ou nulle part.
- Rendez votre numéro cliquable et remontez-le en haut de page. La correction la plus rapide et la plus rentable.
- Réécrivez votre première phrase. Le problème du visiteur, votre métier, votre zone, en une ligne lisible sans faire défiler. « Depuis 1998 » redescend sur la page à propos.
- Remplacez trois images de banque par trois photos réelles : un chantier terminé, votre atelier, votre véhicule. Prises au téléphone, elles feront très bien l’affaire.
- Complétez votre fiche Google Business Profile et demandez trois avis aux derniers clients contents, par SMS, avec le lien direct. C’est gratuit, et c’est ce qui bouge le plus vite.
Ces cinq gestes ne feront pas de vous le premier résultat sur une requête disputée : le référencement local se compte en mois, pas en jours. Mais ils suppriment les fuites les plus grossières, et c’est toujours par là qu’il faut commencer.
Pour aller plus loin
- Site internet pas cher : jusqu’où peut-on descendre sans le regretter ?
- Photos avant-après : la mécanique qui déclenche les demandes de devis — écrit pour les paysagistes, valable pour tous les métiers visuels.
- La présence en ligne d’un commerçant en Loire-Atlantique — le cadre général, au-delà du seul site.
- Référencement local : à quoi correspondent 300 €/mois — avant de payer quelqu’un pour rendre le site visible.