Un site internet pas cher peut être un très bon calcul, jusqu’à un certain point. En dessous de 300 € environ pour un site livré par un tiers, vous n’achetez plus un site : vous achetez une page qui existe, sans référencement local, sans propriété du nom de domaine et sans personne pour la maintenir. Voici les quatre niveaux de prix, ce que vous perdez à chaque étage, et le calcul sur trois ans.
Ce que veut dire « site internet pas cher » : coût d’entrée et coût de possession
Quand un artisan me demande un site internet pas cher, il veut dire une chose précise : ne pas sortir 3 000 € d’un coup. La demande est légitime. Mais il faut séparer deux montants : le coût d’entrée, ce que vous payez pour ouvrir le site, et le coût de possession, ce qu’il vous coûte chaque année ensuite. Un site à 300 € qu’il faut refaire dix-huit mois plus tard n’est pas un site à 300 €.
Je vends aussi des sites, autant le dire tout de suite. La différence, c’est que je vais aussi vous dire dans quels cas vous n’avez besoin de personne. Car le plancher n’est pas le même pour tous : un couvreur près de Vannes, dont les clients tapent « couvreur Vannes » quand une tuile vient de tomber, joue sa prospection sur son site. Une esthéticienne à Rennes, dont les clientes arrivent d’Instagram, beaucoup moins.
Les 4 niveaux de prix d’un site internet pas cher (et ce que vous obtenez vraiment)
Il existe quatre étages, et non deux. Les confondre est la première source de mauvaise surprise : un devis à 400 € et un devis à 2 000 € ne vendent pas la même chose.
Niveau 1 : le site internet gratuit (0 €)
Formule gratuite d’un éditeur en ligne, page sur un réseau social, fiche Google Business Profile : vous obtenez une adresse en sous-domaine du type votreentreprise.editeur.com, une bannière publicitaire, et aucun nom de domaine à vous. Ce n’est pas rien : pour démarrer sans trésorerie, une fiche Google bien remplie rapporte déjà des appels. Vous avez une présence, pas un site. Face à un devis concurrent, elle travaille contre vous.
Niveau 2 : le site à faire soi-même sur un éditeur en ligne (12 à 70 €/mois)
C’est le niveau le plus fréquenté, et le plus lisible : vous savez ce que vous payez. Wix, Squarespace et leurs concurrents sont des outils sérieux. Comptez de l’ordre de 12 à 70 €/mois selon la formule et l’engagement, le premier palier payant de Wix tournant autour de 17 €/mois. Vous récupérez un nom de domaine propre, un hébergement, la sécurité de base.
Ce que vous n’avez pas, c’est le travail. Textes, photos, structure des pages, référencement local, mentions légales : tout reste à votre charge, et cela se compte en dizaines d’heures. Même logique avec WordPress et un thème acheté : souvent 300 à 800 € au total, sans compter vos heures.
Niveau 3 : le site vitrine low cost livré clé en main (300 à 800 €)
C’est l’étage des offres « site vitrine à partir de 290 € », et le plus risqué. On croise couramment des forfaits publics entre 290 et 600 € : ce sont des offres observées, pas une moyenne de marché. Le prix n’explique rien à lui seul ; ce qu’il permet, si : à 400 €, personne ne peut vous consacrer plus d’un jour ou deux. Un gabarit existant à vos couleurs, vos textes repris tels quels, deux ou trois pages. Ce n’est pas une arnaque, à condition de savoir ce qui en est exclu :
- L’hébergement et le nom de domaine : facturés à part, ou à votre charge dès l’année suivante.
- La rédaction : vos textes et vos photos sont à fournir.
- Le référencement local : le site existe, mais rien n’a été fait pour qu’on le trouve.
- La maintenance : ni mise à jour ni sauvegarde après la livraison.
- Les modifications : chaque changement de texte devient une prestation.
Le devis dit « site vitrine livré ». Il ne dit pas « site vitrine suivi ».
Niveau 4 : l’abonnement avec création et suivi inclus
Dernier étage : une mensualité regroupe la création, l’hébergement, le domaine et la maintenance. Coût d’entrée nul, coût de possession connu d’avance, et un interlocuteur joignable après la livraison. L’intérêt se situe ailleurs que dans le total, on le verra plus bas. Ce modèle mérite deux questions : à qui appartient le domaine, et le site finit-il par vous appartenir ?
Ce que vous perdez exactement à chaque étage du low cost
« Attention au pas cher » ne veut rien dire tant qu’on ne nomme pas ce qui manque. Voici les cinq postes qui sautent.
Le référencement local : être trouvé quand on tape votre métier et votre ville
C’est le premier sacrifié, parce qu’il est invisible le jour de la livraison. Un site peut être joli et n’apparaître sur aucune recherche du type « plombier Nantes » ou « menuisier Vannes ». Il demande des titres écrits pour les recherches réelles, des textes qui disent ce que vous faites et où, une page par service et par secteur. Deux métiers ou deux zones distinctes, cela fait deux pages distinctes : une même page ne peut pas se positionner sur les deux. Un forfait à 290 € ne peut pas contenir ce travail. La méthode est détaillée dans mon article sur apparaître en première page de Google.
La rapidité sur mobile, là où vos clients vous cherchent vraiment
La majorité de vos visiteurs arrivent depuis un téléphone, souvent dans une zone mal couverte. Un gabarit générique embarque des fonctions inutiles, et un site fait à la va-vite affiche des photos de 4 Mo sorties telles quelles de l’appareil. La page finit par s’afficher. Simplement, une partie des visiteurs est déjà repartie.
La sécurité, les sauvegardes et les mises à jour
Sur un éditeur en ligne, la plateforme s’occupe de la sécurité : c’est un vrai avantage du niveau 2. Sur un site livré sur CMS puis abandonné, plus personne ne met rien à jour : extensions périmées, faille connue, et un matin la page est blanche. Rien ne se passe pendant deux ans, puis tout arrive en une nuit. La bonne question n’est pas « est-ce sécurisé », mais : qui sauvegarde, et en combien de temps le site revient-il en ligne ?
La propriété du nom de domaine et de votre contenu
C’est le piège le plus coûteux à réparer. Certains prestataires déposent le nom de domaine à leur propre nom. Vous payez, mais vous n’êtes pas propriétaire : le jour où vous changez, vous repartez sans votre adresse, donc sans l’ancienneté acquise auprès de Google et sans vos e-mails. Exigez un domaine à votre nom — ou l’engagement écrit qu’il vous sera transféré si vous partez —, vos identifiants, et le droit de repartir avec vos textes et vos photos. Si besoin, j’ai écrit une explication simple de la différence entre nom de domaine et hébergement.
Le suivi, les mentions légales et le RGPD
Les mentions légales sont obligatoires. Dès que votre site mesure son audience ou dépose des cookies non essentiels, il faut un bandeau de consentement conforme. Et un formulaire de contact collecte des données personnelles : il faut dire à quoi elles servent et combien de temps elles sont gardées. C’est rarement compris à bas prix, et c’est vous qui restez responsable devant la loi.
Créer un site internet pas cher soi-même : pour qui c’est une bonne idée (et pour qui non)
Je le dis même si ça ne m’arrange pas : dans certains cas, faire soi-même est le bon choix.
- Bonne idée si : votre activité est secondaire ou en démarrage, votre trésorerie est à zéro, vous êtes à l’aise avec l’informatique et vous avez une vingtaine d’heures devant vous, ou vos clients ne vous cherchent pas sur Google. Pour l’esthéticienne de notre exemple, un éditeur à 17 €/mois fait très bien le travail.
- Mauvaise idée si : Google est votre canal principal, votre métier est très concurrentiel sur votre ville, vous couvrez plusieurs services ou zones, ou vos journées sont déjà pleines.
Le vrai coût du « faire soi-même », ce sont les soirées passées dessus, puis les six mois où le site reste en chantier parce que la saison a démarré. Le couvreur qui monte sur les toits jusqu’à 19 h ne rédigera pas ses pages le samedi.
Site vitrine pas cher : le vrai plancher raisonnable en 2026
Voici la réponse chiffrée que la plupart des pages évitent de donner. En paiement unique, en dessous de 300 €, ce n’est plus un site professionnel : c’est un gabarit rempli. Entre 300 et 800 €, un site vitrine correct devient possible, à trois conditions : le domaine est à votre nom, les textes sont écrits par quelqu’un qui a compris votre métier, et le devis dit qui corrige quoi.
Ajoutez le socle incompressible : environ 8 à 20 € par an pour le nom de domaine, 50 à 150 € par an pour un hébergement mutualisé, soit 60 à 170 € par an rien que pour rester en ligne. Un suivi sérieux se situe plutôt entre 500 et 1 000 € par an. Le vrai danger ne se lit pas sur le montant : c’est l’offre muette sur la propriété du domaine et sur la maintenance. Les fourchettes complètes sont dans mon article sur le coût d’un site internet pour une TPE/PME.
Le calcul honnête sur 3 ans : est-ce qu’un site internet low cost coûte vraiment moins cher ?
Posons l’arithmétique, étage par étage. Ce sont des ordres de grandeur, pas des devis.
- Niveau 1, gratuit : 0 € de sortie de caisse, mais 20 à 30 heures de votre temps, aucun actif à la fin, et une refonte quasi certaine dès que l’activité devient sérieuse.
- Niveau 2, éditeur en ligne : à 17 €/mois, environ 610 € sur trois ans ; à 40 €/mois, environ 1 440 €, hébergement et domaine compris. Ajoutez votre temps.
- Niveau 3, low cost clé en main : 400 € à la création plus environ 130 € par an de domaine et d’hébergement, soit 790 € sur trois ans. Pour un vrai suivi, ajoutez 500 à 1 000 € par an. Et si le site est laissé seul, la refonte tombe au bout de 18 à 24 mois : 400 à 800 € de plus, soit 1 200 à 1 600 €.
- Niveau 4, abonnement tout compris : 69 €/mois font 828 € par an, soit environ 2 484 € sur trois ans, création, hébergement, domaine, mises à jour et suivi inclus.
La conclusion est moins confortable que celle des articles d’agence : sur trois ans, l’abonnement n’est pas le moins cher en valeur absolue. Le site fait soi-même reste le plus économique si votre temps ne vous coûte rien, et le niveau 3 l’est aussi tant qu’il n’est pas à refaire. Ce que l’abonnement achète, c’est la certitude qu’aucun des cinq postes ci-dessus ne sautera en cours de route. Le vrai gouffre, c’est le site payé 400 € puis oublié.
Les 6 questions à poser avant de signer un devis à bas prix
Recopiez-les telles quelles dans un e-mail.
- À quel nom le nom de domaine sera-t-il déposé ? La seule bonne réponse est « au mien », et elle doit être vérifiable.
- Si je pars dans un an, qu’est-ce que je récupère ? Le domaine, les fichiers, les textes, les photos.
- Combien coûtera l’année 2, hors création ? Le total, pas le principe — modifications de contenu comprises.
- Qui écrit les textes, et combien de pages sont prévues ? Un service ou une zone en plus, c’est une page en plus.
- Qui fait les sauvegardes, et à quelle fréquence ? Et demandez où elles sont stockées.
- Les mentions légales et la conformité RGPD sont-elles comprises ? Et rédigées pour votre entreprise.
Un prestataire sérieux répond aux six par écrit. Une réponse floue n’est pas forcément de la mauvaise foi : c’est que ce point n’est pas prévu dans le prix. Vous le paierez plus tard.
Un site internet professionnel pas cher, sans mauvaise surprise
C’est exactement pour éviter ces trous que j’ai construit mon offre comme ceci, pour les artisans et commerçants des Pays de la Loire et de Bretagne. Essentiel à 69 €/mois, Pro à 119 €/mois, Sur mesure à partir de 249 €/mois, sans aucun frais de création. Sont compris la création, l’hébergement, le nom de domaine, les mises à jour, la sécurité, le suivi, et de 1 à 5 modifications de contenu par mois selon la formule. Le site est livré en 14 jours, le paiement est possible en 12 fois, et il vous appartient à partir du 13e mois. Vous pouvez comparer les trois formules ou me décrire votre projet en quelques lignes.
Pour aller plus loin
- Combien coûte un site internet pour une TPE/PME ?
- Nom de domaine et hébergement : la différence
- Avis Simplébo : prix, engagement et limites — ce qu’on trouve quand on lit les conditions générales d’un abonnement au site.
- Site internet « offert » sur 48 mois — pourquoi un site « gratuit » peut coûter 5 760 €.
- Devis site internet : les 10 lignes à vérifier avant de signer — pour comparer un devis à bas prix aux autres, ligne par ligne.