Un abonnement site internet à 69 €/mois, ou un site payé 3 000 € une bonne fois : lequel coûte le moins cher ? Sur le devis, la réponse paraît évidente. Sur cinq ans, beaucoup moins. Un site acheté comptant continue de coûter chaque année, et il vieillit jusqu’à réclamer une remise à niveau. Voici le calcul complet, année par année, avec des hypothèses posées à plat pour que vous puissiez remplacer mes chiffres par ceux de vos devis.
Le paiement unique, c’est la formule classique : le prestataire facture la création, le site vous appartient, et tout ce qui vient après se paie à part. L’abonnement regroupe la création, l’hébergement, la maintenance et une partie des modifications dans une mensualité. Les deux se défendent. Ce qui fausse la comparaison, c’est de mettre un prix de création face à un prix mensuel sans additionner le reste.
Le vrai prix d’un site à 3 000 € sur cinq ans
Prenons un site vitrine de quelques pages facturé 3 000 € par un indépendant ou une petite agence, un prix courant pour une TPE/PME. Voici ce qui s’y ajoute en cinq ans, avec des hypothèses volontairement basses :
- La création : 3 000 €, réglés la première année.
- Le nom de domaine et l’hébergement : environ 100 € par an (une quinzaine d’euros pour le domaine, le reste pour un hébergement mutualisé), soit 500 €.
- Une maintenance minimale : 120 € par an à partir de la deuxième année, pour appliquer les mises à jour de sécurité et vérifier les sauvegardes, soit 480 €.
- Les retouches : deux demandes par an (un tarif, des horaires, une photo) à environ 50 € chacune, soit 400 € sur quatre ans.
- Une refonte partielle la quatrième année : 1 000 € pour remettre à niveau le design, l’affichage mobile et la technique d’un site resté figé trois ans.
Total : 5 380 € sur cinq ans, soit près de 90 € par mois une fois lissé. Et c’est l’hypothèse basse : une maintenance sérieuse se facture plutôt entre 500 et 1 000 € par an, comme le détaille l’article sur le prix d’un site internet pour une TPE/PME. Avec elle, la note passe entre 6 900 et 8 900 €.
Abonnement site internet ou paiement unique : le tableau sur 5 ans
Les mêmes hypothèses, année par année, face à la formule Essentiel. Les deux dernières colonnes donnent le total déboursé à la fin de chaque année.
| Année | Achat, dans l’année | Achat, cumul | Abonnement, cumul |
|---|---|---|---|
| An 1 | 3 100 € | 3 100 € | 828 € |
| An 2 | 320 € | 3 420 € | 1 656 € |
| An 3 | 320 € | 3 740 € | 2 484 € |
| An 4 | 1 320 € (refonte) | 5 060 € | 3 312 € |
| An 5 | 320 € | 5 380 € | 4 140 € |
L’écart est maximal la première année (2 272 €), et l’abonnement reste le moins cher des deux sur les cinq ans. Surtout, les deux colonnes n’achètent pas le même service : d’un côté, un site livré puis retouché deux fois par an ; de l’autre, un site suivi chaque mois.
Une précision, pour que la comparaison reste juste : une refonte n’est pas comprise dans mon abonnement non plus. Mes conditions générales le disent : une nouvelle page ou une refonte partielle fait l’objet d’un devis à part. Mais un site retouché chaque mois ne reste pas figé trois ans.
69 €/mois pendant 60 mois : ce que couvrent les 4 140 €
Sur cinq ans, la formule Essentiel revient à 69 € × 60 = 4 140 €, sans aucune autre ligne. Dedans :
- la création du site, en ligne dans les 14 jours qui suivent la réception de vos textes et photos ;
- l’hébergement sécurisé en France, le nom de domaine et les sauvegardes automatiques ;
- la maintenance de sécurité, sans avoir à la demander ;
- une modification par mois, traitée sous 72 heures : un tarif, des horaires, une photo ;
- le référencement local du site sur votre ville.
La différence ne tient pas qu’au prix. Avec un site payé comptant, vous devez penser à demander, et chaque demande devient un devis. En abonnement, le suivi fait partie du service : les mises à jour de sécurité sont appliquées sans attendre qu’un problème survienne, vos modifications sont traitées dans un délai écrit, et c’est toujours le même interlocuteur qui connaît votre site. Sur cinq ans, la formule Essentiel, c’est 60 modifications possibles, contre huit retouches payées dans notre hypothèse de paiement unique. Si votre activité grandit, Pro et Sur mesure ajoutent des pages et jusqu’à cinq modifications par mois, sans repartir de zéro.
Les coûts oubliés du paiement unique
Trois dépenses manquent presque toujours au devis :
- Les mises à jour de sécurité. Un site WordPress, par exemple, reçoit plusieurs fois par an des mises à jour du cœur, du thème et des extensions. Non appliquées, elles laissent une porte ouverte ; appliquées, elles se paient.
- La panne. Une extension devenue incompatible, un formulaire qui n’envoie plus rien : l’intervention se facture à l’heure, souvent 200 à 400 € chez un indépendant. Une seule panne en cinq ans, et le total passe entre 5 580 et 5 780 €.
- Les textes modifiés facturés. Changer un tarif prend dix minutes, mais beaucoup de prestataires facturent une demi-heure ou une heure minimum. Alors on repousse, et le site affiche de vieilles informations : le coût le moins visible, celui du client qui n’appelle pas parce que vos horaires sont faux.
Selon le Baromètre France Num 2024 publié par la Direction générale des Entreprises, 85 % des TPE et PME ont recours à au moins un outil de visibilité en ligne. Avoir un site n’est plus la question ; le tenir à jour sans y passer ses soirées, si.
« En abonnement, je paie à vie » : 12 mois, puis vous décidez
L’objection est légitime : certains contrats de location engagent sur 48 mois sans que le site vous appartienne jamais. Chez moi, les règles sont écrites dans les conditions générales :
- Un engagement de 12 mois. Si vous arrêtez avant, les mensualités restantes jusqu’au 12ᵉ mois restent dues.
- Le site vous appartient à partir du 13ᵉ mois : la propriété vous est cédée de plein droit une fois les 12 premiers mois réglés.
- Résiliable ensuite à tout moment, par lettre recommandée avec un mois de préavis. Le code source vous est transféré sans frais sur simple demande, et le nom de domaine, déposé à mon nom pendant l’abonnement, vous suit si vous partez.
Le scénario le moins cher existe donc : 12 mois d’abonnement (828 €), puis vous partez avec votre site et le faites héberger ailleurs pour une centaine d’euros par an. Sur cinq ans, environ 1 230 €. Vous perdez alors la maintenance et les modifications, mais personne ne vous oblige à payer 60 mois. Pour ne pas confondre un abonnement avec un contrat à trois parties, lisez abonnement ou location financière : reconnaître ce que vous avez signé.
Trois cas où le paiement unique gagne
- Un besoin figé. Des services, des tarifs et des horaires qui ne bougent pas, un site qu’on ne touche presque jamais : le suivi mensuel vous sert alors moins.
- Une compétence en interne. Si quelqu’un chez vous sait mettre à jour le site et appliquer les correctifs de sécurité, la maintenance ne coûte que du temps.
- Une trésorerie disponible. Si les 3 000 € sont là, payer comptant évite une charge mensuelle. Vérifiez seulement que le devis dit qui corrige quoi après la livraison.
Avec une activité qui évolue, peu de temps ou une trésorerie à préserver, l’abonnement l’emporte : il coûte ce qui est écrit, et le suivi est compris. Pour comparer deux propositions ligne par ligne, servez-vous des 10 lignes à vérifier sur un devis. Et si un prix très bas vous tente, voyez d’abord jusqu’où descendre avec un site internet pas cher.
Pour aller plus loin
- Combien coûte un site internet pour une TPE/PME — la création, puis le coût annuel.
- Prix d’un site vitrine selon le nombre de pages — une page, cinq ou dix, et ce que ça change.
- Location de site internet sur 48 mois — ce qu’il faut vérifier avant de signer.
- Devis site internet : les 10 lignes à vérifier avant de signer — la grille de lecture ligne par ligne.